La pêche du silure dans le cover

J’ai beau être un fan inconditionnel de la pêche du brochet, ma première session à l’ouverture sera, quoi qu’il arrive, dédiée à la traque du silure dans le cover, et ce, pour une raison très simple :

L’arrivée du printemps donne le top départ de la reproduction chez de nombreuses espèces de poissons. Pour la plupart, ils se rassembleront en grand nombre en bordure pour le frai, ce qui aura tendance à déclencher des périodes de frénésie alimentaire chez les carnassiers. Le silure, en roi des opportunistes, ne raterait ça pour rien au monde, et moi non plus d’ailleurs.


Une agressivité hors du commun

Si le silure est d’ordinaire d’un tempérament plutôt méfiant, durant cette période il le sera beaucoup moins et fera preuve, pour notre plus grand plaisir, d’une agressivité hors du commun. Donnant lieu à des actions, des touches et des combats épiques !

Le silure n’est pas très regardant en ce qui concerne son menu mais durant cette période, une espèce en particulier retient un peu plus son attention que les autres : la brème.

La Seine et ses bras morts sont un terrain de jeu idéal pour cette traque. Les eaux y sont calmes, s’y réchauffent plus vite et les bordures très souvent encombrées par les bois morts et autres frondaisons, fourniront quant à elles des supports de ponte très appréciés par les brèmes. Autrement dit, des terrains de chasse idéaux pour notre client. Ça tombe bien, habitant la région parisienne, j’ai très facilement accès à ces spots et je m’en donne à cœur joie. 

Le décor est planté ; passons au matériel à présent.


le matériel indispensable

Tout d’abord, une embarcation sera, pour ne pas dire obligatoire, très fortement conseillée. Du bord, cette approche sera bien trop périlleuse étant donné qu’elle s’effectuera essentiellement en milieu encombré et à la recherche de poissons pouvant dépasser allègrement les 50 kilos ; autant dire suicidaire du rivage… Pour ma part, le float tube sera ma monture. Il me permettra d’être discret et ainsi de m’approcher au plus près des zones ciblées et aussi et surtout, de pouvoir combattre sereinement mes adversaires.

Pour le reste, je ne m’encombre pas. Généralement, une boite de leurres et 2 cannes me suffisent. Je privilégie les cannes casting. De mon point de vue, elles sont plus adaptées à ce genre de traque en tout point. Rapidité d’éxécution, précision, confort et un meilleur contrôle des combats. 

J’ai depuis longtemps jeté mon dévolu sur une série de cannes St Croix : les Mojo Cat. 

Elles ont été étudiées pour les pêches fortes à la recherche de gros spécimens. Les blanks qui les composent sont un savant mélange de carbone SCII et de fibre de verre Super-premium 100% linear S-glass. Grace à cette conception, ces cannes sont dotées d’une énorme réserve de puissance sur les 2 premiers tiers et d’une relative souplesse en pointe qui permettent d’amortir les rushes violents et autres coups de queue sur la ligne, caractéristiques du silure. 

Cela rend ces cannes redoutablement efficaces !

La gamme Mojo Cat, spécifiquement conçue pour la pêche des Catfish américains

J’utilise essentiellement 2 modèles : la 70MHF (2m13 pour une puissance réelle d’environ 160gr), pour tout ce qui est pêche de précision à courte distance ou lorsque j’ai affaire à des sujets de taille modeste, ce qui est le plus souvent le cas. Elle possède un talon relativement court qui ne me gênera pas sur le float tube, me permettra d’être très précis, de skipper, pitcher… mais tout de même assez long pour pouvoir le caler sur le bas ventre afin de combattre confortablement et avec autorité ces puissants poissons.

Même si sur mes secteurs les gros sujets s’adonnent moins souvent à cet exercice, je ne saurais expliquer pourquoi, parfois ils s’accaparent ces zones et lorsque le cas se présente, cela m’oblige à sortir l’artillerie lourde : ma 76HF (2m29 pour une puissance réelle estimée à environ 250gr).

La Mojo Cat 7′ MHF, parfaite pour les pêches de précision

La conception est la même, seules la puissance et la taille de la canne – et notamment du talon – sont plus importantes et permettront de faire face à de gros, voir très gros specimens en toute quiétude.

Seul point négatif, c’est qu’il faudra un temps d’adaptation plus important pour l’avoir parfaitement en main, dû surtout à l’encombrement, notamment en float tube. Mais c’est comme tout, on s’y fait.


Quels moulinet et montage privilégier ?

Pour ce qui est des moulinets, quelques critères importants sont à prendre en compte : un frein puissant d’au moins 7kg, low profile typé big bait pour le maniement et le confort, et une vitesse de récupération comprise entre 6 et 7 tours de bobine par tour de manivelle.

Si d’habitude on aura tendance à conseiller des ratios élevés pour les pêches en milieux encombrés, dans ce cas de figure précis, étant donné que l’on utilisera essentiellement des leurres avec de fortes vibrations et que l’on a affaire à des poissons très puissants, afin de soulager la mécanique, je vous conseille fortement d’opter pour des ratios assez lents. Toutes les marques ou presque proposent aujourd’hui des moulinets regroupants ces caractéristiques. 

Gardez juste en tête ces 3 critères : frein puissant, ratio assez lent et low profile typé big bait généralement sous dénomination 300. 

En corps de ligne, une tresse en 4 brins de gros diamètre pour contrer l’abrasion et résister aux violents combats sera indispensable. Personnellement, j’utilise de la Power Pro en 38/100 ème (la verte). Ce n’est pas la plus lisse ni la plus silencieuse mais elle m’a rarement fait défaut. Pour le bas de ligne, un gros fluorocarbone d’au moins 90/100ème d’une quarantaine de centimètres fera l’affaire. Pour finir, un émerillon baril et un anneau brisé, le tout de bonne facture et aux alentours de 80 livres de résistance : on y va pas pour trier l’avoine !


Vibrations au menu !

Pour ce qui est des leurres, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, quand on sait la taille que peuvent atteindre les silures, je n’utilise rien de très gros, je dépasse rarement les 20cm. D’expérience, le plus important est d’émettre de fortes vibrations et que ça puisse être aspiré sans difficulté, même par des poissons de taille modeste.

Blade jigs, spinnerbaits, soft swimbaits auxquels j’adjoins systématiquement une grosse palette ; feuille de saule ou colorado, peu importe pourvu que ça vibre fort. Pour les sensations fortes, vous pouvez également rajouter dans vos boites quelques topwaters : stickbaits, poppers, et buzzbaits par exemple. Pour éviter tout désagrément, tous vos leurres devront être équipés d’hameçons à la hauteur du poisson recherché. Triples et têtes plombées avec hameçons forts de fer.

Pour les blade jigs et les spinnerbaits, choisissez des produits conçus pour la pêche du brochet. Généralement, les hameçons et les armatures seront également plus ou moins adaptés à la pêche du silure. En terme d’armement, je fais au plus simple, le plus souvent un seul hameçon simple, ni plus ni moins. Comme il s’agit de prospecter des zones encombrées, on évitera autant que possible les hameçons triples. On adaptera l’armement au leurre ; pour tout ce qui est soft swimbaits, l’hameçon devra idéalement ressortir au tiers du leurre. Pour les blade jigs et autres spinnerbaits, le trailer servira surtout à équilibrer le leurre.

Encore une fois, ce que nous voulons c’est envoyer de fortes vibrations, le volume et l’aspect n’ont que peu d’importance dans ce cas de figure. Idem pour les couleurs. Personnellement, je n’y porte aucune attention particulière. On a souvent tendance à dire que le leurre doit d’abord plaire au pêcheur. Pour le coup, c’est exactement ça ; l’essentiel c’est qu’il vous mette en confiance.


La période optimale

Si pour moi la reproduction des poissons fourrages est la meilleure période en terme de résultats et de sensations, il n’est pas rare de croiser le silure à l’abri des frondaisons ou des bois morts durant les mois les plus chauds. De ce fait, on pourra  parfaitement continuer la recherche spécifique du silure dans le cover jusqu’au mois d’octobre, selon les régions et les conditions climatiques. 

Un dernier point très important : une trêve sera nécessaire entre la mi-juin et la mi-juillet, période de frai du silurus glanis, afin d’assurer un avenir durable à ce fantastique poisson tant décrié. 

On a parlé des spots, les cannes et les moulinets c’est ok, les leurres check! Et si on mettait tout cela en pratique maintenant ? 

Pas de panique, j’arrête de vous embêter avec la lecture pour cette fois-ci. 

Et pour vous remercier d’avoir eu le courage d’arriver au bout de cet article, je vous ai monté une vidéo avec un peu d’explications et surtout, beaucoup d’action.

À vous de jouer maintenant ! 

Serge Fafe

Pro-Staff

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours été attiré par le règne animal. Enfant, ma curiosité me poussait à essayer de capturer toutes sortes d'animaux pour pouvoir les observer de plus près. De fil en aiguille, c'est donc tout naturellement que je me suis tourné vers la pêche ; pour pouvoir capturer et découvrir les habitants qui se cachaient sous la surface de ce monde encore inconnu à mes yeux. Si j'ai une attirance très prononcée pour la pêche du brochet, le tout premier poisson capturé à mes débuts avec un appât artificiel, je prends également énormément de plaisir à pêcher, aux leurres, toutes les espèces de carnassiers qu’abritent nos eaux intérieures, et qui continuent d'alimenter mes rêves de gosse.

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